Vierges-Trinidad

Ste-Croix, dernière île des Vierges américaines où nous faisons escale, avec Michel sur Deuxième Vie. Lenny a détruit toute la côte Ouest. Là, avant le 17 novembre dernier, existait une superbe plage longue et large, frangée de cocotiers et de palmiers. Il n’en reste plus qu’une bande misérable de sable avec quelques arbres rescapés, tant les vagues ont tout emporté.

Nous allons mouiller à Buck Island, parc naturel, et entrons dans le lagon délimité d’un côté par le récif. C’est là que nous verrons nos premières langoustes in situ. Jolies bébêtes !!! La tentation est forte…et assouvie avec maintes précautions, malgré la formelle interdiction de pêcher. Ce n’est pas beau de désobéir !!!

Direction St-Martin, navigation de nuit, pas de vent.

Nous retrouvons la baie de Marigot pour Pâques (mais sous ces latitudes, point d’œufs en chocolat, il fondrait trop vite…)

Il y règne une autre ambiance qu’à notre dernier passage. Beaucoup de bateaux se préparent à retraverser pour l’Europe. Il y a du stress dans l’air, les esprits sont tendus.

Nous retrouvons là, le 3ème OVNI, « Timoe », avec a son bord Bruno, Isabelle, Sébastien et Marine, qui était parti de Lisbonne avec nous. L’année sabbatique prenant fin pour eux. C’est aussi là, qu’avec Deuxième Vie, nos routes vont se séparer. Michel rentre au Québec, via New-York. Il est temps pour lui de rejoindre sa province. Il fête avec nous les anniversaires des enfants (l’un en retard, l’autre en avance) en leur offrant une boîte à outils miniature pour Hugo, avec ordre formel de ne pas l’utiliser pour démonter Fun-Fun (c’est vrai qu’il est un peu du genre à tout démonter), et pour Gaétan, l’un de ses « fusils-trident » pour pêcher… la langouste. Ils sont aux anges. Les adieux sont difficiles, même si nous savons tous que nous nous retrouverons (cela doit être joli le Québec…). Dernière attention de sa part, avec la complicité des enfants, il m’a dédicacé son livre de recettes québécoises que je découvre à bord de Fun-Fun, une fois Deuxième Vie parti.

Nous le suivrons quotidiennement, par BLU, lors de sa remontée de 15 jours vers New-York, faisant parfois le relais pour sa femme Claire par e-mail. Depuis, nous nous contactons régulièrement, échangeant des news, l’un du pays du Père Noël, l’autre du pays du rhum.

A St-Martin, côté hollandais, nous irons suivre le défilé du Carnaval, en compagnie de l’équipage de Timoe. Couleurs, danse, musique, décibels (les boules Quiès sont même distribuées gratuitement avant le défilé…).

Vient le moment pour Timoe Père et Fils de larguer les amarres pour l’Europe, via les Açores. Tout comme avec Michel, nous le suivrons aussi par BLU, faisant le relais cette fois pour Isabelle par téléphone. Cela a donné des conversations à trois bateaux très sympas. Timoe mettra 17 jours pour atteindre les Açores.

Pendant ce temps, nous descendons de nuit sur la Guadeloupe, où nous voulons caréner. Arrivée à Deshayes pour les formalités. Sympas les douaniers… Le bureau n’est ouvert qu’une heure par jour (peu de chance de les trouver là…) Ce sont eux qui viennent à nous à 7H30 du matin. L’un affublé d’un gigantesque chapeau de paille, l’autre avec la canne à pêche dans le dinghy… Ils surveillent !!! Pani prowblem.

Ballade pédestre le long de la rivière de Deshayes. Végétation et flore comme à l’accoutumée. Nous ne nous en lasserons donc jamais…

Lente descente de la côte sous le vent, au moteur. Arrêt à l’îlet à Goyave, la réserve Cousteau. Paradis des Plongeurs en Guadeloupe (regarder mais ne pas toucher…). C’est là qu’Hervé, Marie-Léa et Marine viennent nous retrouver pour une journée de baignade. Marie-Léa, infirmière de son état, travaille maintenant dans un centre de dialyse en Guadeloupe et Hervé est « sous-chef » à la marina du Bas du Fort à Pointe-à-Pitre. C’est lui qui nous a concocté (avec des prix défiant toute concurrence), notre carénage. Mais chut… Il ne faut pas le dire trop fort… Et de plus, ils nous prêtent leur bateau JULIE X pour tout le temps du carénage. Les enfants ainsi pourront terminer leur année scolaire dans de très bonnes conditions. Marie-Léa nous piquera pour la bonne cause (nous arrivons à échéance pour nos différents vaccins). Un de leurs amis dentiste sur la marina, a besoin de conseils en informatique. Pas de problème, en échange, il visitera chacune de nos dentitions… Non, je vous rassure, Nicolas ne l’a pas mordu…

Nous visitons le parc des « pierres gravées »,  pierres gravées par les amérindiens.

Épisode carénage : Nicolas a décidé de totalement changer d’antifouling. A votre bon cœur et surtout à vos grattoirs Mesdames, Messieurs… 7 années d’antifouling détérioré à enlever. Fun-Fun à terre a l’air d’une grosse baleine. C’est là, que l’on se demande pourquoi un si gros bateau. Cela en fait des mètres carrés à décaper. Beurk, Beurk, Beurk. Gérard, un martiniquais, est embauché. Il nous sera d’un grand secours. 5 jours à se prendre des particules nocives partout, les bras en l’air. Plusieurs personnes (y compris des douaniers) s’arrêteront pour me demander la marque de mon maquillage. Très drôle. Cà pique, çà gratte, il fait chaud. Et qu’il est grand ce bateau. La solution serait d’avoir un bateau, grand en mer (c’est plus sécurisant qu’une coque de noix), nettement plus petit en marina (cela reviendrait moins cher), et minuscule au carénage (ce n’est pas drôle à caréner)

Nicolas descendra aussi les 2 safrans pour changer les bagues et les joints-spi, sortira le propulseur pour la révision, démontera l’hélice, changera le joint, la décapera.

Trois couches d’Interprotect, trois d’antifouling. Fun-Fun est magnifique. Le temps de ré-installer les safrans au cric avec l’aide d’Hervé et Eric (il possédait un OVNI avant d’acheter un cata),  Fun-Fun est prêt pour être remis à l’eau. Sauf que… Eric découvre à la sortie d’échappement ce qui semble être de l’électrolyse. Il démonte le pot… et horreur les vis en inox ne faisant pas bon ménage avec l’alu, il y a attaque sur l’alu à ces endroits. Pas question de remettre Fun-Fun à l’eau avec de l’électrolyse si prêt du niveau de flottaison. Nous sommes bons pour rester quelques jours de plus à terre, week-end et fête de l’abolition de l’esclavage obligent (nous ne savions pas que cela existait, tout blanc que nous sommes; ici, aux îles c’est compréhensible…). La solution définitive étant de faire souder un pot tout en alu sur la coque, nous attendons la réouverture de la société apte à faire le travail.

Avec un beau pot en alu, nous remettons Fun-Fun à l’eau. Le temps de ré-installer éolienne, bimini, grand-voile (que nous avons fait réviser) au ponton et puis le temps de trouver une petite guadeloupéenne à quatre pattes, croisée caniche et je ne sais pas quoi, toute noire (normal !!!), 1Kg500, âgée de 6 semaines et que nous avons prénommée CARIB (comme les Blacks Caribs, les natifs cannibales des Caraïbes, et aussi comme la bière de Trinidad ou comme la marque des annexes Caribe), pour la plus grande joie de toute la famille, grands compris (sauf pour le Captain, lorsqu’elle fait son cacounet sur le teck)

 Nous allons enfin au mouillage à Gosier, non sans avoir remercier notre équipe gagnante du Bas-du Fort.

Mi-juin passée, il est grandement le temps de descendre plus au sud pour fuir la zone-cyclone. De nuit nous descendons entre Marie-Galante et la Dominique pour rallier la Martinique, où nous voulons faire monter un déssalinisateur. Nous atterrissons à ST-PIERRE, près de la montagne Pelée, célèbre pour l’irruption de son volcan en 1902, au petit matin, après une nuit à 7 nœuds de moyenne. Tout le monde, va se coucher pour récupérer. Le réveil ne se fait pas avec une bonne nouvelle. Nous devons déguerpir de la zone. Nicolas a reçu une carte météo. Une mauvaise dépression s’est créée sur l’atlantique. Alerte est donnée. Si cela suit son cours, un cyclone devrait arriver dans trois jours entre la Martinique et Ste-Lucie. Et nous sommes justement là où il ne faut pas être. C’est bête, hein ? Personne ne rit à bord et surtout pas moi. Nous repartirons ce soir pour quelques jours de mer, plus au sud. On essaye de se reposer pendant que les enfants suivent à la télé la finale de l’Euro 2000. Bon, la France a gagné, nous nous en allons vers d’autres horizons, direction Les Grenadines minimum. Après trois heures de navigation, bulletin météo du Cosma Martinique, la dépression n’existe plus, plus rien à craindre. Nous bifurquons sur Ste-Lucie, à Rodney-bay où nous arrivons à la nuit tombée. Monsieur guindeau nous fait encore des siennes. Nous le réparons à la marina.

Après trois jours à Ste-Lucie, nous remontons vers Le Marin en Martinique. 4 heures de navigation. Nous allons nous apponter. Pendant le temps des travaux du déssalinisateur, les enfants feront une semaine de stage de planche à voile, kayak et optimist.

Nous ne verrons pas grand chose de la Martinique cette fois-ci.

Gros plein de bouffe, les îles suivantes ne sont pas réputées être très achalandées et vaccination de la petite.

Nous attendons au mouillage de St-Anne, notre amie portugaise, Ana, sa fille Marie et une amie de sa fille Natacha, qui loue JULIE X avec skipper, pendant un mois pour descendre avec nous vers les Grenadines. Le courrier arrive avec elles.

Nous retrouvons là Jean-Claude et Dominique, à bord de Delphanie, rencontrés sur le ponton de la marina de Pointe-à-Pitre.

Julie X  avec son skipper Erwan et l’avion de ces dames arrivés, en compagnie de Delphanie, nous levons les ancres pour Ste-Lucie – Rodney-Bay et ensuite Marigot Bay, petit fjord dans la montagne, mais avec des cocotiers. De là, nous irons visiter les eaux sulfureuses des Deux Pitons. Eaux chaudes et noires car il y a présence de fer dans la roche. Un petit bassin accueille les audacieux, ceux qui désirent profiter de ces eaux réputées excellentes pour la peau. Pas très engageant tout cela. Nicolas ne reculant devant rien, s’y aventure le premier, suivi des enfants. Une chose : éviter de mettre un maillot de bain clair, il en ressort d’une couleur peu définissable, mais bonne nouvelle, cela s’en va après plusieurs rinçages.

Direction St-Vincent, première des îles des Grenadines. Formalités à Wallilabu. Pour nous accueillir à l’entrée de l’anse, des barques à un seul rameur qui nous proposent toutes d’aller mettre un bout arrière à terre pour quelques EC (dollar caraïbe). De toutes façons, pas moyen d’y échapper, c ‘est ainsi que cela se passe ici. A peine l’ancre posée, c’est une ruée de barques, de flotteurs de planche à voile qui entoure nos trois bateaux. Un veut nous vendre des noix de coco, du poisson, l’autre de la glace, des bijoux, des bananes contre des boîtes de sardines, des paquets de gâteaux, des pâtes, etc…Nous sommes contents d’être à plusieurs bateaux. Toute cette effervescence, nous n’en avons pas l’habitude. Mais tout se passe bien.

Nous assistons de nos bateaux le deuxième jour, à une pêche miraculeuse de thons dans la baie. Tous les pêcheurs du village sont là sur l’eau, une multitude de barques disposée en rond pour refermer le filet, des hommes nageant pour rabattre le poisson. Tout  cela avec moult cris et gesticulations. Pour finir le filet halé sur la plage et pour butin trois barques remplies à ras bord de thons de 40cm. Tous les habitants du village, enfants compris, seront là pour la distribution. Gaétan ayant apporté une bouteille d’eau à un des pêcheurs exténués, reviendra avec trois beaux thons. Tous viendront nous en proposer ensuite. Mais 3 thons, c’est déjà beaucoup. Donc ce soir. Thon mariné au Barbecue. C'est bon…

Nous quittons Wallilabu pour le sud de l’île près de Young Island. Mouillage sur bouée.

En un quart d’heure d’annexe, nous allons visiter l’îlot Duvernette. Juste un piton où sont installés des canons datant des guerres coloniales. Un escalier de 230 marches, bien délabré, nous y conduit. Les canons le sont aussi. Une armada de gros bernard-l’ermite de terre y ont élu domicile. Cela crisse dans les herbes. Bouh !!!

Nous pouvons laisser les bateaux là pour la journée, en toute sécurité. Visite de l’île de St-Vincent en mini-bus (nous sommes 9). Promenade dans le jardin de Montréal appartenant  à un doux-dingue anglais (encore un euphémisme ??). Magnifique jardin ordonnancé comme seul un anglais peut le faire. Taux d’hydrométrie en conséquence en cette saison des pluies.

Nous quittons St-Vincent pour Bequia (prononcez Beck-Way) Beaucoup de bateaux dans Admiralty Bay. Au village, un magnifique marché aux fruits et légumes. Pour le reste, la préoccupation première pour tout bateau c.a.d la bouffe, comme prévu il n’y a rien. Ah, ces français !!! Ne parlons pas du vin !!!

Toute la troupe ira de l’autre côté de l’île à pied, pour aller voir un autre doux-dingue anglais qui lui, récupère les bébés-tortues, les élève, et les relâche lorsqu’elles ont atteint l’âge d’un an et demi. Tout le monde va de son obole pour sponsoriser un tel dévouement.

Nous récupérons à Béquia, notre appareil photo envoyé pour réparation aux US. C’est pourquoi pas de photos depuis la Guadeloupe.

Direction les Tobagos Cays. Îlots coralliens de toute beauté. Passons entre Petit Rameau et Petit Bateau (2 îlots) pour mouiller devant le récif. Une trentaine de bateaux au mouillage (pendant l’hiver, il y en a jusqu’à 300). On a bien fait d’y venir à la saison des pluies. C’est magnifique. Venteux (c’est bon pour l’énergie via l’éolienne). Nous dégusterons des langoustes achetées aux pêcheurs. Qui a dit que ce n’était pas la saison ?

Au programme : baignade, masque et tuba, re-baignade, re-masque et tuba…Les enfants se feront un plaisir de se balancer à la drisse de spi pour « atterrir » après un vol plané dans cette eau de rêve.

Nous quittons les Tobagos Cays ainsi que Julie X qui doit remonter en Martinique pour y déposer tout son équipage, les vacances sont pratiquement finies…

Nous, nous allons vers Mayereau, en compagnie de LORELEI, Michel, Nicole et Pierrot en composent l’équipage (Bateau rencontré à St-Martin) Nous mouillons à Salt Whistle Bay. Et là, Pierrot, un fou de plongée, en compagnie de Nicolas, vont nous pêcher notre repas de ce soir. Devinez quoi ??? Des langoustes, toujours interdites de pêche bien-sûr. Avec force ruses de sioux, nos deux larrons reviennent musette pleine. On a déjà dit que ce n’était pas beau de désobéir. Mais c’est tellement bon.

Nouveau mouillage à Saline Bay à Mayereau. Ce soir resto : Poulet créole, ribs, poisson, riz, pâtes, légumes, purée, mangues et bananes cuites. Un vrai buffet  sur notre table. Nous mangeons tout, comme si nous n’avions pas mangé depuis 15 jours… D’ailleurs, c’est presque vrai, non ?

Le lendemain matin, re-petite plongette et…oui…re-pêche d’émetteurs. On ne s’en lassera donc jamais ?

Dernière île des Grenadines du Nord dépendant de St-Vincent, c’est Union Island. Mouillage devant la barrière de corail, et formalités de sortie des Grenadines du Nord. Nous allons boire un verre à terre. Nous découvrons que le Bougainvilla est aussi un resto français appartenant à Joëlle. Qui a dit que manger français aux Antilles anglophones était une aberration ? S’il y a un endroit où aller, c’est celui là.

Nous passons ensuite 2 jours à Petit St-Vincent qui est une île-hôtel. Cela nous rappelle les Maldives. Longue plage où Carib fait des allées et venues incessantes. Concours de boules sous les cocotiers !!! On pourrait presque sortir les clubs de golf.

Petite parenthèse : cela fait un an que nous naviguons sur Fun-Fun, et nous n’avons même pas de champagne pour fêter cela…

Nous abordons l’île de Cariacou, première île du sud des Grenadines, en plein milieu d’une régate de bateaux-pays. Nous jetons l’ancre à Tyrrel Bay. A partir de là, plus de bateaux de locations, ce ne sont que des bateaux de voyages, et il y en a beaucoup dans cette baie, se préparant à descendre vers Trinidad, Tobago ou les îles du Vénézuela. Et notamment des bateaux américains. Alors là, méfiance, car ils ont pour habitude de mouiller avec 100m de bout et de chaîne. Gare à l’évitage !!! Et ils sont très prompts à sortir dans leur cockpit pour nous dire d’aller mouiller ailleurs, qu’ils vont de ce pas appeler leur avocat !!! Nicolas a bien envie de leur répondre que cela tombe très bien puisqu’il est lui-même avocat ????

Nous décidons de totalement terminer l’arc antillais par Grenade, en ancrant dans la baie de sa capitale, St-Georges. Nous déambulerons dans ses rues totalement désertes (la ville étant en pleine préparation du Carnaval), découvrant d’anciens bâtiments construits à l’époque anglaise, et restaurés depuis. C’est magnifique.

Le mouillage étant petit et surpeuplé (de ricains irascibles…), nous préférons aller sur la côte sud de l’île, dans Hartman Bay. Là aussi, une colonie de bateaux américains. Nous nous réfugions près de Galiverny, île déserte dans la baie.

Pendant quelques jours, parents, enfants, chienne profiteront de la plage, des ballades sur cette minuscule île.

Laissant les bateaux au mouillage, nous irons visiter en bus Grenade et ses immenses forets d’arbres à muscade (Dit-on muscadiers ?). Un guide national nous conduira, par un chemin étroit et glissant, en pleine forêt, jusqu’à la cascade de. Tout le long du parcours, il nous montrera ce que Dame nature offre si abondamment en ces latitudes. Surtout les noix de muscade (emblème de l’île : Grenade étant le 2ème exportateur mondial après l’île de Java) La bogue sert à faire de la confiture, la pellicule rouge est utilisée comme durcisseur pour des produits comme le vernis à ongles, et le fruit séché que nous connaissons pour l’utiliser râpé en cuisine. Belle ballade.

Nous irons ensuite déjeuner dans une plantation de fruits (pamplemousses, oranges, citrons, mangues, papayes…) où nous goûterons la soupe de callalo (plantes cultivées aux grandes feuilles vertes en forme de cœur) C’est excellent (et aurait une vertu aphrodisiaque, mais en ces îles qu’est-ce qui ne l’est  pas ?).

Nous quittons Grenade et ses noix de muscade, pour une nuit de navigation qui nous mènera à Trinidad à 90 miles de là.

Les 20 premiers miles seront venteux, Nicolas devra aller au mât pour prendre un 2ème ris dans la grand-voile. Génois bien enroulé, nous avançons encore entre 7 et 8 nœuds, il faut dire qu’un bon courant nous pousse de surcroît. Rien ne sert de courir, etc.… Et nous préférons de loin que la navigation soit ralentie et confortable plutôt que rapide et similaire à un shaker. Radar et veille du Captain feront le reste. Tellement bien que lorsqu’il n’y aura plus assez de vent et un courant contraire, nous nous traînerons à la vitesse d’un escargot. Toutes voiles dehors, nous nous approchons lentement de Trinidad au matin. Le moteur nous aidera à nous propulser un peu plus gaiement vers notre destination.

Changement notoire à l’approche de l’île : la couleur de l’eau. Elle est jaunâtre et l’écume est d’un blanc sale. Ce sont les alluvions du fleuve Orénoque qui donnent cette couleur et ce trouble. Guère envie de se baigner dans cette eau.

Mais nous ne sommes pas là à Trinidad pour cela. Chaguaramas est réputé pour être l’endroit où les bateaux viennent faire des travaux, caréner, ou hiverner. Et ce que nous découvrons est une forêt de mâts. Nous n’avons jamais vu de tels chantiers immenses et avec de telles infrastructures. Tous les corps de métiers sont représentés. C’est incroyable. Pour notre part, nous cherchons à remplacer notre frigo, trop petit et trop gros consommateur d’énergie. Il va nous falloir du temps pour que cela se fasse. Et puisque nous sommes bloqués là, nous faisons faire des tauds pour couvrir le pont et nous abriter du soleil et des pluies diluviennes qui s’abattent sur l’île à l’heure du déjeuner, et entamons un rafraîchissement des vernis intérieurs.

 Et nous sommes début octobre, bien entamé. Si nous voulons faire les îles vénézuéliennes à suivre, nous n’aurons même pas deux mois. Court. Car les distances entre les îles sont plus importantes. Et puis, il y a ce continent sud-américain tout proche, que nous ne connaissons pas. Un break sans bateau serait le bienvenu.

 Nicolas lance l’idée de laisser  Fun-Fun à sec ici à Trinidad jusqu’au Carnaval en fin février 2001 et pendant ce temps-là de visiter le Vénézuéla  et peut-être le Pérou, en compagnie de Mr. CNED, bien-sûr. A notre retour ici, nous partirions sur les îles jusqu’en novembre, date à laquelle nous pourrions remonter vers les Antilles.

Nous préparons Fun-Fun et nos bagages.

HASTA LUEGO.