LE VENEZUELA-2

El DoradoLe 27 Novembre, nous prenons l'avion de Merida pour rallier la région de la Gran Sabana, située au Sud-Est du pays. Après quelques quatre décollages-atterrissages, et force aboiements de Carib, nous atteignons Cuidad-Bolivar sur le fleuve Orenoque, où nous louons un 4x4. Nous partons rejoindre de début de la route (km 0) qui traverse la Gran Sabana. Nous nous arrêtons à El Dorado, dans le campement Aqua Selva, un campement rustique, churuata aux toits de palme sous lesquels sont tendus des hamacs.

Cette partie de forêt humide où pullulent singes, moustiques, serpents - et pas des moindres genre anaconda - regorge de mines d'or, des plus sommaires qui soient. Un trou d'un mètre de diamètre , pas même étayé, descendant jusqu'à 30-40 mètres; quelques galeries pas plus consolidées; des systèmes des plus rustiques pour pulser de l'air, pour GhiGhi pas rassurée part dans la mine...Descente dans les entrailles de la terre...l'éclairage et pour téléphone un tuyau le long de la paroi; et au dessus de ce trou une espèce de treuil auquel est suspendu une corde qui vous amène bon an mal an dans les entrailles de la terre (pour les plus modernes, il est électrique nettement rafistolé, pour les autres c'est une grosse manivelle - style gros tourne-broche - mue à la force des bras). Frissons garantis... Nicolas descendra à 30 mètres. Nous, nous irons à 10 mètres, pressés de remonter, l'air nous manquant nettement. Ce trou est revenu me hanter la nuit suivante...  Ces vénézuéliens, dignes de l'époque du Far-West, travaillent dur, dans des conditions effroyables (Que dire durant la saison des pluies!!!), pour parfois tomber sur un filon, et souvent ne rien trouver pendant des années. Ils tentent leur chance. "C'est l'aventura".Et quelle aventure...Brrrr.

Nous allons ensuite en pirogue (une vraie...de 10m de long, propulsée par un 40CV, modernité quand tu

Le frère d'El Capitan nous propose de goûter au Kachiri (la bière bindienne). Allons-y. Elle est faite à base de patate douce et de Yucca bouillis pendant des heures. Au goût, nous sentons qu'il y a eu fermentation; maintenant cela a plutôt l'air d'une soupe... Nous goûtons aussi le pain indien. Nicolas

Ces indiens vivent de chasse (anaconda, cochons sauvages), de pêche. Ils élèvent des poules. Il y a aussi au village la Bodega (épicerie) où l'on vend le sempiternel Coca-Cola et la bière vénézuélienne Polar.

Nous rencontrons un indien qui utilise les plumes de perroquets (ici, ils mangent aussi les perroquets...) Les copains en pleine partiepour confectionner sur une base tissée de fines lamelles de bambous, des couvre-chefs multicolores. Ils

Nous quittons à regret El Dorado, village de mineurs peu visité par les touristes. Carib joue une dernière fois avec le guacamayo et le toucan apprivoisés d'Agua Selva.

Nous entamons notre descente de la Gran Sabana, grand plateau de savane, entrecoupé de failles donnant naissance à de nombreuses chutes d'eau et hérissé de tepuys (formation de montagnes de 2500m aux formes rectangulaires). 

Nous nous arrêtons près d'un village indien Pemon (la plupart des sites de la Gran Sabana sont entretenus Chute de Kama MeruBaignade dans la Quebrada de PachecoNous nous baignons dans les piscines naturelles de la Quebrada de Pacheco. Les enfants font du toboggan sur les pierres glissantes de la Quebrada de Jaspe. Après une nuit à la frontière brésilienne, nous entamons notre première piste de 4X4. 72 km nous attendent. Les premiers 60 km, jusqu'à Salto Cathédral les traces, régulièrement nous devons descendre de voiture La route d'El PaujiSur la route d'El Pauji pour savoir par quel endroit passer. Et puis, des enfants indiens nous crient régulièrement  ce que Nicolas croit être le bonjour en indien « carmelo », en fait c’est « caramelo », bonbon en bon français. Cela devient la blague favorite des enfants !!!

Nous atteignons El Pauji après plus d'une heure et demie de "shaker" pour faire 12 malheureux km (secouez-moi, secouez-moi).

Chez miguel à el Pauji

El Pauji est un village fondé à l'époque "hippie" par des habitants de Caracas en mal d'espace et de vie naturelle. Pour être loin de tout, c'est loin de tout. Il existe tout de même une piste d'atterrissage en cas d'urgence...

Nous sommes accueillis à la posada "Las Brisas", tenue par Miguel et sa famille. Lui, c'est un espagnol, ancien journaliste ayant vécu à Londres marié à une vénézuélienne. Ici, selon la période de l'année, il se transforme en charpentier (il a lui- même construit ses cabanas), en prof d'anglais pour les enfants du Slato Esmeraldavillage, en apiculteur et dans l'accueil de touristes. C'est ainsi pour toutes les personnes du village (sculpteur de pierre, peintre sur tissus, tisserand...). Nous rencontrons même un français installé là depuis de nombreuses années. C’est drôle de parler en français dans un coin aussi perdu.

Dans notre cabanas, par de grandes baies vitrées, nous avons vue sur tout le massif. Le spectacle au lever du jour est grandiose. Nous allons nous baigner dans le « salto Esmeralda ».

Imaginez une cascade d’eau claire coulant dans une piscine naturelle au sable blanc, cernée par El Abismola végétation tropicale. Et tout cela rien que pour nous !!! Plouf et replouf.

Nous grimpons jusqu’à l’Abismo, en compagnie du fils de Miguel. Vue sur la forêt impénétrable qui nous sépare du Brésil. Là, vivent en reclus quelques chercheurs d’or. Ils ne doivent avoir pour seule compagnie que les guépards, les anacondas et autres bébêtes du genre. Ce n’est décidément pas pour nous !!! Nous préférons de loin la vision d’un papillon large comme deux mains et d’un bleu électrique, ou alors celle de colibris butinant les hibiscus…

Après quelques jours passés à El Pauji, il est temps de rebrousser chemin pour aller découvrir les autres merveilles de la Gran Sabana. Nous aurons sûrement des nouvelles de Miguel par BLU puisqu’il en possède une. R.V. pris sur les ondes pour Février.Sur la route d'El Pauji

Le chemin retour nous paraît plus facile. Nous apprécions. Nous attaquons notre deuxième piste pour rejoindre le village indien de Kavanayen aux pieds des tepuys (cela fait déjà plusieurs fois que nous essayons d’en photographier un, mais à chaque fois un nuage vient en coiffer le sommet. Pile dessus. Nous ne désespérons pas pour autant).

Nous négocions admirablement ce début de piste grâce aux conseils avertis d’un guide français rencontré auparavant. Merci à lui. Il faut tout de même dire que Nouvelles Frontières a déprogrammé cette année les ballades vers ce village à cause de l’état de la piste !!! cela veut tout dire… Mais ce guide nous dit que si nous avons été capables d’aller à El Pauji, alors nous pouvons aller jusqu’à Kavanayen poco à poco. Et sans que le co-pilote n’hurle trop !!!

Chute d'IboriboPremier arrêt : le village indien d’Iboribo. C’est de là que nous pouvons aller admirer la chute de Chinak-Méru, connue aussi sous le nom indien de Salto Apongwao, 110m de haut. Nous descendons à ses pieds par un chemin escarpé, en compagnie de notre guide, une indienne enceinte de 7 mois (vous avez bien lu, 7 mois !!!). Chemin retour faisant, notre indienne me dit beaucoup aimer ma chienne (enfin, c’est ce que j’ai crû comprendre) et termine sa phrase par un O.K. interrogateur. C’est le ton du O.K. qui m’a mis la puce à l’oreille. Je lui ai demandé de répéter. Et bien-sûr, elle voulait que je lui donne ma chienne, tout simplement !!! Je m’en suis sortie en lui disant que c’était la chienne des enfants et que donc ce n’était pas possible. Depuis, la grande menace lorsque Carib fait des bêtises, c’est qu’elle va finir chez l’indienne !!!

Nous reprenons la piste, car à Iboribo il n’y a pas de quoi dormir. Nous atteignons Chivaton avant la nuit. C’est juste une auberge de pierres au bord d’un torrent. Durant la nuit, Dejeuner avec les perroquetsun déluge de pluies s’abattra sur nous. On se demande bien comment sera la piste demain ? Au réveil, grand beau temps et petit déjeuner en compagnie de 7 perroquets en liberté qui ne manqueront pas de nous escalader pour quémander à manger.

Nous repartons pour Kavanayen. Là, nous suivons un autre 4X4, un taxi local où s’entassent pêle-mêle individus, paquets et pièces de rechange de toutes sortes. Il connaît le chemin et cela facilite le nôtre. Nous arrivons dans le village facilement reconnaissable à son imposante mission franciscaine. C’est là que nous demandons à être hébergés, à la mission qui nous paraît être bien austère (nous ne sommes pas très branchés culte !!!) ou alors  au Campamento Mantopai, que la mission gère aussi, s’il est ouvert. Ce sera le campamento. Pour y parvenir, nous devons rouler sur un chemin de pierres qui n’en finit pas, qui suit le torrent, quand ce n’est pas carrément dans le lit de la rivière. C’est très beau mais parfois un peu inquiétant. Nous arrivons enfin au campement : de jolies petites maisons rondes aux toits de palmes alignées le long de la rivière. Et nous sommes les seuls locataires !!!

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Nous faisons du toboggan sur les pierres plates du cours d’eau, parfois nous y lavons notre linge (pas très doués, nous employons Le teppuyla méthode : mouillé c’est lavé, sec c’est propre !!!). Les enfants font du foot avec les indiens Arekunas du campement lorsque Mr. CNED leur en laisse le temps.  Et enfin, nous photographions notre premier tepuy après deux heures de marche sous un soleil de plomb. Nous sommes HEUREUX.

Nous quittons Kavanayen par une belle journée.

Nous repassons par El Dorado. En arrivant au Campamento Agua Selva, le papagayo Gussa reconnaît Carib et lui fait la fête. Rennel nous propose une remontée en pirogue du Rio Cuyuni pour passer une nuit dans la jungle en hamacs. Allons-y !!! La rivière (150m de large, bordée de forêt tropicale) a baissé de niveau et le passage des rapides est difficile. Lors d’un de ces passages, El Capitan en pleine actionle moteur cale, la pirogue dérive en travers du courant et heurte des rochers. Rennel est projeté à l’eau. Nous le hissons à bord. La pirogue reste coincée contre les rochers. El Capitan, Rennel et Nicolas, dans l’eau jusqu’à la taille, la poussent. Le deuxième essai pour passer ces rapides sera le bon mais nous n’irons pas tenter les prochains passages. Nous cherchons sur la rive, un endroit dans la forêt, où installer notre campement. Nicolas commence à se plaindre de douleurs abdominales, rénales ou intestinales (il ne sait pas, je ne sais pas – rentrer ou attendre). Il attend la fin de la crise pour décider. Elle se passe. Nous restons malgré une seconde crise, nettement moins douloureuse celle-là. Et puis plus rien. Alors, nous passons là, la fin de la journée à écouter les cris des singes-hurleurs, à regarder les vols des perroquets, à faire cuire sur le feu de bois notre dîner, à entretenir des feux pour éloigner les moustiques. La nuit dans nos hamacs sera belle. Le lendemain matin, les enfants Dans la jungle...Repos après la criseessaient de pêcher des piranhas en compagnie d’El Capitan (il paraît que c’est bon !!!). Ils ne feront pas recette, cette fois-ci… 

Pendant ce temps, nous allons avec Rennel « explorer » le coin de forêt qui nous entoure. C’est la jungle mais nous ne sommes tout de même pas obligés d’utiliser le coupe-coupe à chaque pas que nous faisons !!! Et pas de grosses bébêtes en vue…Ouf !

Nous réintégrons la pirogue pour le trajet retour, cette fois-ci en descendant la rivière et, de fait, cela est plus facile.

Nous quittons El Dorado. Direction Ciudad Bolivar et la posada de Peter (un allemand marié à une vénézuélienne) pour nos deux dernières nuits en Gran Sabana. La posada est Chez Peter...La moitié droite du barrage ...magnifique : de petites maisons rondes aux toits de palme, mignonnes comme tout dans un immense jardin de fleurs et d’arbres, une piscine. Un véritable havre de paix.

Le lendemain, nous allons au barrage de Guri sur la rivière Caroni. C’est la 2ème plus grande centrale électrique au monde (après celle de Itaipu à la frontière Brésil/Paraguay), avec une capacité de 10 millions de Kilowatts. 50.000 GWh par an, ce qui équivaut à remplacer la consommation de 300.000 barils de pétrole par jour !!! Gigantesque. Le Vénézuéla, c’est aussi cela. Le pays exporte son électricité vers le Brésil, ils ont pour cela installé d’affreux poteaux électriques tout le long de la Gran Sabana qui défigurent cette splendide région. Ils exportent aussi vers la Colombie.

Après avoir rendu en état la voiture, nous nous envolons le lendemain pour Mérida, via Caracas. Nous élisons domicile à la Haciendita (location de cabanas), chez José-Luis et Emilce.

Vue de la maisonPendant que les enfants « cnedent », Nicolas, par prudence, va faire une échographie et consulter un urologue. Il y a calculs dans le rein gauche. Les spécialistes de Mérida se préparent tous à partir en vacances de fin d’année. D’après l’urologue consulté par Nicolas, il n’y a pas urgence et donne son feu vert pour aller à Los Nevados le temps des fêtes, même avec 4 heures de 4X4. Rendez-vous pris pour le 8 Janvier lorsque ces charmants Doctors seront revenus de leurs vacances de fin d’année. Des calmants au cas où… et vamos para La Navidad en Los Nevados con una 4X4 !!!

Nous retrouvons la famille de Jorge, à la posada Guamanchi à Los Nevados, avec plaisir. Le village est un peu plus peuplé de touristes en cette période de fêtes. Tous les jours, il en arrive et en repart par le même chemin que nous avions emprunté en Octobre (celui-là même qui nous avait pris plus de 6h30 à pied et à dos de mules). C’est l’occasion, lors de discussions avec les nouveaux arrivants, de jauger les aptitudes de chacun à marcher dans ces conditions…et comme nous l’avons déjà dit, nous ne sommes décidément pas bons du tout.

Nous passons ces jours de fin d’année 2000, à faire des ballades à pied de 2 heures, sous un superbe soleil. Mais dès que la nuit tombe, il fait « frisquette » !!!

Los NevadosVient le soir de Noël. Avec force pétards, feux d’artifice (Carib file se cacher où hurle à la mort), il y a tout d’abord la bénédiction des voitures et des conducteurs devant l’église (ce n’est pas de trop, lorsque l’on voit l’état de la piste qui conduit au village). Les vénézuéliens passent le soir de Noël, dans la rue avec tout le monde devant l’église, à danser la « bourrée andine » sur la place Bolivar aux sons des cuatros et des violons. Des villageois m’invitent à danser (cela ne se refuse pas n’est-ce-pas ? en plus il fait froid et de plus, nous formons des couples parfaits, mes cavaliers m’arrivant à l’épaule, je pourrais manger sur leur tête !!!). Ils y attendent aussi la sortie des jeunes communiants car au Vénézuéla, les communions se font le  24 Décembre au soir, uniquement. Et à minuit, c’est la distribution de petits cadeaux pour les enfants du village (poupées, ballons, petites voitures). Nous rentrons nous coucher, nous sommes transis.

Mr CNED est parmi nousLes enfants, lorsque Mr CNED leur en laisse le temps, vont se ballader à dos de mules, ou faire du vélo avec le fils de Jorge. Nous, nous préférons aller en pleine nature au soleil avec un bon bouquin.

C’est le moment que choisit Carib pour devenir une jeune fille. Et on peut dire qu’elle obtient un réel succès auprès de la gente masculine canine de Los Nevados. Nous devons avoir l’œil sans cesse sur elle, sous peine d’avoir dans quelques semaines des petits souvenirs de Los Nevados. Heureusement la surveillance a été efficace…

L’année 2000 se termine déjà. Zoraïda, à la cuisine, prépare les hallacas (repas spécial pour le nouvel an vénézuélien : pâte à arepas que l’on étale en petites galettes sur des feuilles de bananiers coupées en carrés, sur cette pâte une marinade de viande crue/épices, on ajoute oignons, raisins secs, tomates, olives, on referme le tout soigneusement avec la feuille pour en faire des petits paquets-cadeaux ficelés et on fait bouillir le tout au feu de bois). C’est un boulot immense…car tous les ingrédients sont émincés et quand il en faut pour 40 personnes ! (la famille de Jorge est là, au complet ; le réveillon du nouvel an étant en famille Repos de la guerrièreici). Il est dommage cependant, qu’à la dégustation, cela ne soit pas à la hauteur de tant de travail. C’est assez bourratif.

Nous sommes prêts pour le passage dans le nouveau siècle. Dame Electricité, pour cette occasion a décidé de nous faire faux bond. A vos lampes de poche, à vos bougies. Nous allons dans le village pour les festivités. Nous suivons le cortège des villageois pétaradant de toutes parts. Nous arrivons sur la place pour un bal sans rock-and-roll, mais toujours avec « bourrées andines ». Ils ont l’air d’avoir apprécié mes performances de Noël, puisqu’ils en redemandent. Me revoilà sur la piste de danse qu’ils ont décidément oublié d’aplanir. Nicolas y va lui-aussi de son petit pas de danse. Il fait si froid. Et à minuit, tout le monde se souhaite un Féliz Ano (en trainant sur le « A ») d’une manière tout à fait bon-enfant.

Bonne Année et Bonne santé à tous.

Nous repartons pour Mérida, Nicolas devant revoir l’urologue pour savoir si notre voyage pour le Pérou, prévu le 13 Janvier, est raisonnable ou pas (durant les fêtes, il n’a pas souffert, mais ?). Le nouvel urologue, à la vue des résultats des nouveaux examens, nous déconseille un tel voyage : le rein a doublé de volume, il est obstrué par un calcul. Pérou, ce n’est pas cette fois-ci que nous te verrons. Et comme il est hors de question que Nicolas reste comme çà sur le bateau, il décide de se faire opérer. Ce sera à Barquisimeto, le plus proche centre urologique capable d’opérer par endoscopie (à 450 kms). Trois heures d’opération sous péridurale, petite incision de 2cms dans le dos, pour permettre le passage de la caméra et des mini-instruments, extraction d’un calcul dans le rein, implosion par ultra-sons des deux autres calculs passés dans l’uretère, récupération des plus gros morceaux, le reste s’évacuant naturellement, pose de sondes. Nicolas reste deux jours de plus en La maison de l'Hacienditaclinique, très gêné par les sondes mais elles sont nécessaires pour savoir si le rein fonctionne toujours normalement. Après trois jours en clinique et deux pour se remettre (j’officie aux changements de pansements et le patient ne hurle pas…), nous rentrons à Mérida pour la convalescence de notre captain. Le nouveau co-pilote ne se plaint pas trop du dos !!!

Nicolas se remettant vite à la Haciendita, nous en profitons pour aller passer 2 nuits en Colombie, histoire d’avoir un nouveau visa, l’ancien étant expiré. Cucuta est une ville frontière, bien achalandée, très animée en dehors de tous problèmes d’insécurité que connaît malheureusement ce pays. Les colombiens rencontrés étaient charmants.

Voici quelques remarques au hasard sur le Vénézuéla :

-         Télévision :  Elle est sud-américaine… Avec profusion de télé-novelas à la brésilienne (Des séries journalières, avec pour héroïne des femmes pulpeuses qui n’ont qu’un seul but : piquer le mari de l’autre avec force ruses et cris, histoire de chico et chica, de muchacho et muchacha) On y est aussi abreuvé de matchs de Base-Ball (le sport national ici, qui l’eût crû ? cela n’a pourtant rien d’espagnol, ils ont pris cela aussi aux ‘gringos del Norte’). Néanmoins la télévision est un moyen comme un autre de se familiariser avec la langue.

-         Conduite : C’est très surprenant, mais jamais avec agressivité. Aucune amende prévue pour : franchissement de ligne blanche, pneus lisses, véhicules roulant en crabe, pour pollution, pour feux rouges grillés. La ligne blanche ne veut pas dire ‘interdiction de doubler’, mais plutôt ‘faites attention en doublant’. Le fait d’agiter la main du conducteur par la fenêtre veut dire ‘Je vais faire quelque chose’, tout est possible, danger assuré. Ce signe d’ailleurs remplace le clignotant, parce que soit la voiture en manque, soit le conducteur ne l’utilise pas. Dans certaines villes on se fait klaxonner si on s’arrête au feu rouge. L’usage du klaxon étant une constante, homme-femme tout le monde s’y met joyeusement.

-         Voitures : le parc automobile est soit très ancien, constituée de vieilles voitures américaines des années 50, grosses consommatrices d’essence, importées d’occasion des USA quand cela était permis ; soit de voitures neuves, surtout gros 4X4, rutilantes avec des pneus les plus larges et énormes possibles, les faisant ressembler à des crapauds sur des boites d’allumettes. Au milieu de ce parc, se trouve quelques coccinelles et R12 le plus souvent avec le cul en l’air et le nez par terre. Ridicule… Mais au pays où le litre d’essence est à moins de 1 franc, pourquoi pas ?

-         Le pays : Immense, avec des régions très différentes par le relief, la végétation, le climat et par la population. D’ailleurs il n’y a pas de ‘type’ vénézuélien. Il a des ressources minières, pétrolifères, énergétiques, eau douce… qui sur le papier en fait un pays riche. Dans la réalité la population en tire assez peu de bénéfices.

Avant le retour prévu le 9 février pour Trinidad, puisque nous sommes dans la série des opérations, Carib va faire un petit tour chez le vétérinaire pour être stérilisée. Elle a une cicatrice plus grande que celle de Nicolas. Toute la famille, surtout les enfants, est impatiente de retourner sur FunFun, même si le Vénézuéla nous a enchanté. Reste à visiter les îles.